Regarde-toi, tortionnaire, c'est une performance théâtrale dansée sur laquelle je travaille actuellement.

Ce travail est né de la participation à deux expériences de résidence artistique avec Antonella De Sarno et Roberto De Sarno. La première, en novembre 2016, à Paris et la deuxième à Saint-Victor en Ardèche pendant l'été 2017.  Ils proposent un parcours d’exploration de soi à travers la Danse Sensible® et le théâtre dans la nature sur le thème de l’autobiographie : Au fil de soi.

Une femme, habillée en robe de soirée noire, se lève parmi l'assistance, regarde aux yeux des personnes du public. Elle rentre en scène. Marche lentement, enlève sa robe, comme qui enlève une chrysalide, elle se métamorphose. Coup d'éclat, elle retourne violemment en enfance. Des souvenirs s'incarnent mystérieusement dans des objets de l'enfance. La scène recrée une autre scène. Crainte de l'autre. Incompréhension. 

Une interrogation sur la relation à soi et à l'autre. L'autre en soi qui crie : prend-garde à toi. Regarde-toi. Miroir déformé du passé.

Un camion rouge qui dessine des traces invisibles ; un poupon : miroir d'une femme tortionnaire ? Qui subit les tourbillonnements ?

La femme, le poupon , le public, chacun d'eux tour à tour ?

Des mouvements vifs, entrainants, infligées. Un acte volontaire, programmé, répété. Un regard posé, imposé.

Avoir droit de regard.Au regard de la loi.

Le corps d'une femme transformé devienne lieu d'enfance. L'enfant étant celui qui n'a pas de mots pour dire... 

L’enfant a besoin de jouer, et jouer. Jouer, c’est développer son intelligence, son jugement, son imagination, sa créativité... Rejouer le passé pour mieux s'en sortir. Reinventer l'autre en soi et lui porter un nouveau regard.

L'écriture de cette performance continue à se nourrir de ma pratique de la danse contemporain et des ateliers la voie du corps sensible avec Antonella à Micadanses ainsi que d'une exploration artistique plus personnelle au sein d'une groupe de quatre femmes venues d'horizons divers autour de l'écriture féminine à travers le corps comme territoire intime. Ces expériences d'écritures corporelles s'entremêlent et se nourrissent de la pensée philosophique.